Desperate Zombie

Death Proof : avis

Ce badmother fucker de Stuntman Mike !

Dire que Grindhouse a été le fruit de nombreux fantasmes est un euphémisme. L’idée de recréer à notre époque un concept porteur de toutes les valeurs (si on peut appeler ça comme ça) du pur cinéma d’exploitation en a fait rêver plus d’un. D’autant plus que cette idée sort tout droit de l’esprit tordu de vrais amateurs du genre : Tarantino et Rodriguez. Cette œuvre régressive a pourtant eu très vite un goût amer.

Pour parler clairement, Grindhouse s’est méchamment planté lors de sa sortie aux USA. L’aspect totalement décalé de l’œuvre (double programme et quelques autres éléments) en a rebuté plus d’un. Le distributeur a même du rédiger une notice pour que les spectateurs ne partent pas à la fin du premier film…
Pour le reste on le sait, dans le reste du monde, on a uniquement droit à un version rallongée des deux films qui constituaient Grindhouse, sans l’aspect double programme donc, et les friandises que constituaient les fausses bandes annonces. Une aberration totale sachant que ça en constituait la substantifique moelle de l’œuvre.

C’est donc une version rallongée de Death Proof qui est sortie il y a quelque temps. Cela en constitue un point fort mais aussi un point faible. Le positif est qu’on a plus de matière à visionner et que les dialogues « tarantinesques » sont plus présents. Mais ce dernier point est aussi la faiblesse du film tant ceux-ci sont longs et charcutent donc le rythme enlevé du Death Proof qu’on aurait du avoir sous les yeux. Ce film devait être un élément de l’œuvre festive qu’aurait du être Grindhouse. Il devait être vu dans un certain contexte. Celui-ci n’est plus, et de ce fait, le dernier film de Tarantino a perdu une partie de son charme.
Ces fameux dialogues sont comme une signature de Tarantino même si ces derniers sont étrangement très portés sur le sexe (Tarantino fan de sex & the city ?). Le coté faussement rétro (par la musique évidemment mais aussi par ces faux raccords, sautes d’images, et la colorimétrie délavée), les nombreux plans sur les pieds des pin-up du film (fétichiste !) et le coté référentiel (voir autoréférentiel, je vous laisse le plaisir de le découvrir) sont aussi là pour nous marteler dans la tête le nom de cet ancien loueur de cassettes. Ils donnent à ce film une forme de fan-movie faisant du pied (toujours cette histoire de pieds) aux connaisseurs. La longue liste de grands artisans du genre présent durant le générique de fin peut être vu comme une note d'intention.

Le film prend donc son temps pour installer tout ça et fini par presque oublier la raison de son existence : craquer les slibards des fans de ciné d’exploitation d’antan ! Autant être prévenu de suite : Death Proof contient uniquement deux scènes du genre coupées elle-même en deux. Comme pour un bon porno, on attend la fin des interminables dialogues pour enfin se faire plaisir. Ces scènes sont donc « jouissives » (surtout qu’on les a longuement attendues), mais finalement pas si gore que ça. Death Proof n’est pas un film d’horreur, il faut le savoir. Pourtant, ça n’enlève en rien à la jubilation qu’offrent ces longues poursuites où explosent chaires et ferrailles. Un pur plaisir régressif.

Cet aspect jubilatoire est démultiplié par un Kurt Russel au sommet de son art dans un rôle totalement ambivalent.
Du coté du casting, il ne faut surtout pas oublier les nombreuses déesses présentes dans le film à travers leur sensualité mais aussi leurs couilles. Car si pendant une partie du film, Tarantino reprend l’aspect misogyne de ce cinéma d’exploitation, il a très vite le plaisir d’inverser le tout pour faire de Death Proof un pur film badass féministe (d’ailleurs, une des demoiselles porte un t-shirt où "badass cinema" apparaît). Une autre signature du maître qui nous a souvent prouver qu’il adore les héroïnes.

Alors, Death Proof, déception ou non ? C’est une déception si vous venez voir un film d’horreur / d’exploitation intense, ça ne l’est pas si vous êtes fan de Tarantino (même si Death Proof est son œuvre la plus mineure).

 

Vos commentaires

1 Le Jeudi 26 Juillet 2007 à 20:08 GMT+2, par Nazku

En effet, le gros point faible de Death Proof, c'est les dialogues. Aucun intérêt, ou presque. C'est le point faible des films de Tarantino. Dommage, parce que ce mec a un sacré talent pour les scènes d'action. Et Kurt Russell est génial dans ce film.

Dommage aussi pour les Européens avec ce Grindhouse coupé en deux. Parce que les bandes-annonces étaient géniales. Avec Danny Trejo en Machete et Nicolas Cage en Fu Manchu. XD

Vivement la sortie DVD!!!

2 Le Jeudi 26 Juillet 2007 à 22:46 GMT+2, par Nightmare

Une suite c'est bien,
un nouveau film bien chiadé, c'est mieux.
du sang neuf ! que diantre ! nous avons faim !

3 Le Vendredi 27 Juillet 2007 à 17:12 GMT+2, par Pee-kah vagina

" Ce qui est beau au cinéma, ce sont les raccords, c'est par les joints que pénétre la poésie " (R. Bresson)

Je suis d'accord avec toi (brin) : séparer ce dyptique (ou polyptyque si l'on considère les bandes annonces) est une ineptie monumentale. A-t-on dissocié les panneaux du Jardin des Délices de Bosch ? Non. Touche-t-on aux retables ? Non.

Encore du ciné light répondant à la société de conso et à la fermeture d'esprit d'un public aseptisé. M'efforçant de rester en marge de la culture javellisée (slightly dirty ?), je maintiens que le charme demeure : c'est aux "amateurs" de ce genre de ciné de chercher l'implicite et les références. Perso, je galère depuis de nombreuses années sur certains films. Et plus je farfouille, plus je découvre L'intéressant.

Quentin, on sait que ce n'est pas un pur film d'exploitation mais on s'en fout des détracteurs : c'est quand tu veux, j'suis une inconditionnelle... Donc, j'évite le rapprochement avec Sex & the city mais je t'abandonne mes petons et me délecte de tes blabla... tout le monde peut s'égarer...
"The path of the righteous man is beset on all sides by the iniquities of the selfish and the tyranny of evil men. Blessed is he who, in the name of charity and good will, shepherds the weak through the valley of the darkness. For he is truly his brother's keeper and the finder of lost children."

***

On parle aussi porno et Rabelais sur DZ ---> orgasmique ---> je rebondis.

Formons nous l'esprit (on a la dalle bordel !) et le corps (sexe forcément pour les + chanceux) => approfondissons le sens, merde aux critiques superficielles :
" rompre l'os et sucer la substantifique moelle " (Prologue de Gargantua).

A bon entendeur... ;)

4 Le Mercredi 1 Aout 2007 à 13:15 GMT+2, par Morgoth

moi je me suis fait chier comme un rat mort, en plus la salle était atroce enfin bon...
+ +Morgoth

Autres publications sur le sujet

Aucune référence pour le moment.

Cet article ne peut faire référence à d'autres publications.

Commenter cet article

Cet article ne peut être commenté.