Il est 1h10 du matin, et je me poses cette question...particulièrement existentielle. Non ? Tant pis
En fait j'ai pensé à ça, car je viens de poster un petit commentaire sur Creepblog où j'ai plus ou moins expliqué pourquoi j'aimais les films d'horreur.
Je me souviens bien, que depuis toujours, pas mal de monde m'ont un peu vu comme le mec bizarre qui aime des images dégueulasses, regarder des films insupportables. Bah oui, imaginez un peu un mec, assis dans la salle de cours durant la pause, entrain de feuilleter un magazine (Madmovies bien sur !) contenant pas mal d’images horribles de corps dépecés, de têtes explosées, de zombies entrain de dévorer leur pauvre victime. Qui est t’il ? Est il un futur meurtrier, il est il un de ces adorateurs de Satan ? Eh bien non, c’est tout simplement un mec qui aime le cinéma à la folie car il le transporte ailleurs, car il lui offre un plaisir immense qu’il ne trouve nulle part ailleurs. Une relation exclusive en quelque sorte.
Donc, si on réfléchit bien, ce mec a du plaisir à voir des gens mourir dans d’atroces souffrances ? Et bien oui…et non ! Oui parce que c’est du cinéma et non parce que c’est du cinéma ! Ca peut sembler un peu compliqué, mais ça ne l’est pas.
J’arrête un peu de faire mon Alain Delon, et vais reprendre mon récit à la première personne.
Le cinéma d’horreur a malheureusement une mauvaise place dans le 7ème Art. Il est à la fois un cinéma auteurisant et un pur cinéma d’exploitation. Hors, il n’est ni reconnu chez le grand public qui est trop dégoûté par ces images immondes, ni par les « vrai » cinéphiles parce que finalement « ce n’est que de la série B totalement stupide ».
C’est, entre autre, par cette dualité, que le cinéma horrifique m’attire tant. Des génies tels que John Carpenter et encore plus, David Cronenberg, ont ainsi fait couler des centaines de litres de sang artificiels pour faire exploser à la figure de leurs spectateurs leurs convictions, leurs pensées les plus profondes.
Le cinéma d’horreur serait un cinéma de l’intime ? Il n’y a qu’un pas qu’une partie seulement des cinéastes de l’horreur n’a franchis. Et oui, une fois encore la dualité de ce genre fait des siennes.
Ce qui caractérise également le genre horrifique est l’implication importante d’artistes que l’on nomme rapidement « maquilleurs ». Sans eux, le cinéma d’horreur n’existerait pas, ces images torturées ne pourraient sortir de l’esprit torturé d’un cinéaste. J’aime utiliser le terme « artistes » à leurs propos car il méritent amplement cette dénomination. Ils ne sont clairement pas reconnus comme ils le devraient. Toutefois, des fans comme moi de films d’horreur savent reconnaître leurs grandes valeurs, c’est peut être là ce qui est le plus important.
Et finalement, pourquoi ce prendre la tête à chercher des causes profondes à la fascination qu’ont certains pour le cinéma horrifique ? Ce dernier peut tout bêtement être reconnu comme un genre qui est le plus viscérale. Le seul qui s’attaque directement à nos tripes, celui qui cherche tout au fond de nous, au plus profond de nos peurs pour nous les claquer en pleine face.
Le cinéma d’horreur serait il une thérapie ? Le fan de cinéma d’horreur serait il masochiste ? Je ne pense pas.
J’avoue que plus je cherche à trouver une raison pour laquelle j’aime à ce point le cinéma d’horreur, moins je la trouve. J’ai l’impression d’être le croquemitaine qui cherche sans relâche sa victime qui est définitivement introuvable.
Pourtant, je me souviens qu’il y a pas mal de ces films qui m’ont offert des moments mémorables. Mon plaisir est immense quand je découvre un chef d’œuvre ancien. Ce genre de films que j’ai découvert seul, en tripatouillant ma télécommande, ou en achetant presque à l’aveuglette un film bradé sur Internet et en le regardant à une heure vraiment pas raisonnable protégé tout au fond des mes couvertures. Ces films sont mes diamants noirs.
Depuis tout à l’heure, je parle de films d’horreur sans en énumérer un seul.
En cherchant un peu des films pivots qui ont gravé à jamais dans ma chaire l’amour du film d’horreur des films je me souviens de quelques un.
Halloween tout d’abord, qui je pense a accéléré très fortement ma gloutonnerie de films du genre. Que dire d’autre si ce n’est que c’est le premier film qui m’a véritablement fait peur ? A l’époque, j’ai découvert ce film alors qu’il avait quasiment 20 ans… Comme quoi, l’expression « chef d’œuvre immortel » n’est pas fausse… J’ai donc découvert grâce à ce film, le plaisir de la peur au cinéma, mais aussi un immense cinéaste.
En zappant très rapidement, je passerais à la Nuit des morts vivants, qui m’a fait aimer un genre qui me semblait pourtant bien ennuyeux… J’ai alors découvert le genre de cinéma horrifique qui me touche le plus. Ce film (et les autres qui ont suivis) montre tout simplement le vrai jour de l’humanité, cette race d’animal qui finalement me fait si peur. Car oui, j’ai peur de l’homme, de ses agissements, de son pouvoir presque divin.
Je pense donc que je n’ai qu’à garder ces deux films pour représenter ce qu’est ma culture du cinéma horrifique. Car ces deux films ont tissés une toile qui m’a amené à la découverte d’autres œuvres incroyables.
J’ai passé d’assez loin mon adolescence, ma culture d’adulte est belle et bien entamée. Ce type de cinéma ne me quittera désormais plus jamais.
Il est maintenant 2h du mat' et je ne sais pas si j'ai répondu à ma question..j'aurais au moins essayé !