Les fans de The house of 1000 corpses ; dont je fais bien évidemment partie ; ont attendu avec fébrilité le nouvel opus de la série du sieur Zombie. Alimenté par un buzz plus que positif, le film a enfin débarqué en France. Mais je n'ose trop me plaindre, car le préquel de ce film a mis des années à nous parvenir... Monde de merde !
Devil's Reject est une suite sans en être une. Le seul élément qui nous fais dire que le film se déroule après The house of 1000 corpses est la référence à un meurtre qui s'y est déroulé.
A l'époque de la sortie de son premier film, Rob Zombie avait été encensé mais aussi critiqué à propos de celui ci, notamment pas son coté portnawak, psychédélique, et son aspect peut être un peu trop référenciel (dans une bonne partie du film, on pense forcément à Massacre à la tronçoneuse). Depuis, Zombie a digéré toute sa culture du ciné bis, il peut enfin faire son propre cinéma (même si c'est un peu exagéré de dire que son précédent film ne lui appartenait pas, tant il avait une personalité forte).
C'est donc pour ça, que Devil's Reject laisse tomber l'aspect MTV sous acide pour une représentation réaliste, sèche et donc très direct. Cette approche fait innévitablement penser aux films horrifiques des 7O's/80's, ce qui n'est pas pour me déplaire. Cela est flagrand dés les premiers plans, l'image de I spit on your grave, nous revient à l'esprit. On retrouve d'autres références tout le long du film (Massacre à la tronçoneuse, encore) mais cela ne tombe jamais dans les excés du préquel.
Devil's Reject nous permet donc de suivre la virée d'une partie d'une famille de dingue, tout comme on avait pu le faire dans le film Tueur Né. Contrairement à ce dernier, Zombie laisse de coté la critique de la société et des médias pour un film purement frontal. On reconnait encore une fois là le fan de film de genre. Toutefois, le film n'est pas stupide pour autant. Il nous permet de voir au plus pres ce qu'est le mal à sa plus pure expression (d'où leurs surnoms de Devil's rejects). En cela je rapprocherais plus le film à une autre oeuvre culte de l'age d'or du ciné horrifique : Henry, portrait d'un serial killer. Toutefois, Zombie ne va pas aussi loin dans l'épure, tant son film est extremement visuel, et rempli de fulgurante beauté tant graphique que sonore. Heureusement il ne tombe pas dans les travers des pseudos films d'horreur actuels, c'est à dire du craspec propre sur lui (ça existe, la preuve !).
On suit donc de très pret cette famille autant dérengeante que parfois attachante. Le mal est bel et bien humain. Il serait facil ; tout comme dans l'enfance ; de croire que l'homme peut etre soit tout blanc, soit tout noir. Le mal s'insinu partout, même dans un si bel écrain qu'est le personnage de Sheri Moon Zombie.
Le film est extremement riche. Il ne tombe finalement pas dans la surenchere gore, mais ce n'est pas génant tant celui ci sait etre destabilisant. Pire encore qu'un film gore, Devil's Reject nous fait apprécier ces monstres, ces rebuts du diable. Durant quelques scène de "détentes" on se surprend à rire en compagnie de la petite troupe, pour deux secondes se prendre en pleine gueule les souvenirs d'un meurtre ignoble ayant eu lieu il y a quelques minutes. C'est de là que vient la richesse du film, un retournement de point de vue continuel. Parfois on a peur pour ces pauvres gens détruits par la troupe, et parfois on a peur pour cette même troupe. Cela en devient totalement fascinant.
Pour en venir aux aspect techniques et artistiques, Zombie ; comme je l'ai dis plus haut ; a mis un frein sur ses expérimentations visuelles afin de poser sa caméra pour rendre les actes décrits tout le long de son film plus tangibles. Mais, par quelques effets bien venu (dont un balayage de l'écran bien typique des 70's, donc jouissif) il réussi à donner une personnalité à son film, et ne pas tomber dans la réalisation plan plan. L'aspect sonore n'est pas en reste, entre les nappes sonores appuyant l'aspect craspec du film et les chansons judicieusement choisies (des tubes à de la country 70's). Pour ceux qui ont vu le film, ils comprendront que ces chansons sont importantes, dont durant la fin absolument magnifique.
J'en viens rapidement au casting du film, absolument parfait. On a droit une véritable gallerie de "gueules". Il est facile d'imaginer la gueule du tournage avec tout ces mecs au visage buriné ! Ces acteurs (et actrices il ne faut pas l'oublier) se révèlent très convaincant. Ils le sont tellement qu'ils semblent littéralement habité par leurs roles ! Et quel plaisir de retrouver certains acteurs cultes qui ont joué dans des bon vieux films d'antans, qui sont tout autant culte. Dites bonjours à Mickael Berryman (la colline à des yeux, l'original), à Ken Foree (Zombie).
Rob Zombie confirme donc qu'on a bien eu raison de croire en lui. On a plus qu'à attendre avec impatience son Halloween.
Le nouveau génie de l'horreur est enfin là.
In Rob we trust !
Enjoy or die !